Défense contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette
La tordeuse des bourgeons de l’épinette de l’Est, une espèce indigène, représente la menace la plus destructrice pour les forêts de cette région.
L’insecte se nourrit du sapin et de l’épinette. Sans intervention, les épidémies causent une mortalité importante des arbres, dévastent l’approvisionnement en bois et augmentent les risques de feu de forêt.
Ces épidémies surviennent naturellement tous les 30 à 40 ans et peuvent durer une décennie.
L’ancienne approche était réactive : attendre l’épidémie, puis traiter des millions d’acres année après année.
Cela signifiait le traitement de 1 à 3 millions d’acres par année lors des épidémies précédentes.
Plus de superficie, plus de coûts, plus d’impacts.
La nouvelle approche est différente.
Depuis 2014, nous collaborons avec le Healthy Forest Partnership dans le cadre d’une stratégie d’intervention précoce fondée sur la science au Nouveau-Brunswick.
Surveiller constamment. Détecter rapidement. Traiter de petites zones ciblées avant que les populations n’explosent.
Sur dix ans, cela a signifié le traitement de seulement 1,6 million d’acres au total, soit une fraction de ce qu’exigeait l’ancienne méthode.
De meilleurs résultats, avec moins de traitements.
Le succès obtenu au Nouveau-Brunswick a mené à un partage des connaissances avec le Maine.
Nous faisons partie de la Maine Budworm Response Coalition, contribuant à la mise en œuvre de la même stratégie dans cet État.
En 2025, la première application à grande échelle a permis de traiter 240 000 acres dans le nord du Maine. Le suivi réalisé par la suite a révélé une diminution de 95 % des ravageurs dans les zones traitées.
Au-delà du traitement, nous intégrons également des défenses naturelles.
Grâce à notre programme d’amélioration des arbres, nous plantons des épinettes et des pins adaptés aux conditions locales, des espèces moins vulnérables à la tordeuse que le sapin baumier régénéré naturellement.
Et il y a aussi les travaux sur les endophytes.
Des recherches menées avec l’Université Carleton ont permis d’identifier un champignon précis qui produit naturellement des toxines anti-insectes.
À ce jour, nous avons traité plus de 250 millions de semis plantés avec ces endophytes.
Prévention, intervention précoce et arbres conçus pour résister. Voilà comment on tient tête à un insecte qui façonne cette forêt depuis des siècles.